December 6, 2009

Le truc du phénomène médiatique, c’est que plus on vous rabat les oreilles avec la génialité d’un truc, plus le crash test est fatal à l’arrivée et plus vous êtes déçus.
Pour contrer la déception inhérente au “vas voir ce film, il est teeeeeellement génial, un truc de ouf” rabaché de concert par amis, télé, journaux (sauf télérama) et twitter, j’ai développé une astuce : je vais voir les films “à fort potentiel” le jour de leur sortie. Ainsi, j’évite la plupart du temps d’être trop impatiente et d’avoir des attentes démesurées, du fait de ce que j’ai pu lire ou entendre un peu partout.

Mais parfois, mon astuce se trouve elle-même contrée par un phénomène encore plus pernicieux : le battage AVANT la sortie du film. Genre le truc, personne l’a encore vu, mais tout le monde crie déjà au chef-d’oeuvre. Prochaine déception prévue, dans cette catégorie : Avatar.
Dernière en date : Paranormal Activity, mercredi dernier, donc.

Bah oui, comme une débutante, j’y suis allée en me disant que j’allais faire pipi dans ma culotte et que j’allais bel et bien voir “l’un des films les plus angoissants de tous les temps”. Je me suis laissée berner par la campagne de marketing viral où l’on filmait en caméra infrarouge des gens terrorisés hurlant pendant la projection du film. Toute confiante que j’étais, je me suis donc dit que j’allais joyeusement broyer le bras de mon voisin et que ça allait être trop de la balle.

Eh bah les amis, je me suis rarement fait autant chier au ciné.
Mais alors vraiment, hein. J’ai absolument pas eu peur (alors que je suis plutôt bon public pour les films d’horreur), et j’ai passé 1h30 à attendre qu’il se passe un truc. Certains diront que c’est justement la force et l’intérêt du film, de te maintenir en haleine, et dans l’attente perpétuelle. Sauf que quand la tension ne prend pas, l’attente angoissée se transforme juste en emmerdement royal.

Bref, je dirais que la réalisation sauve un peu le tout, la caméra à l’épaule et superbement exploitée et (pour une fois) ne file pas trop la nausée (cf Cloverfield), mais sérieusement, la barbe…

Je pense qu’en plus pour le coup, mon astuce à joué contre moi, puisque le fait de le voir le soir de la sortie a entraîné deux conséquences fâcheuses :

- Une projection dans la plus grande salle du cinéma, pour être a la hauteur de l’événement. Et en fait, un film d’horreur partagé avec 500 personnes, ça fait beaucoup moins flipper que tous seuls dans le noir à la maison
- Une salle pleine a craquer (effet “mercredi soir”) avec moult racaillons relous qui viennent pour foutre la merde, crier pendant le film, se parler très fort intentionnellement, et bien évidement amplifier le phénomène à chaque fois qu’un débile (bien que pétri de bonnes intentions) qui n’a pas compris qu’au fond c’est ce qu’ils cherchent, leur dit “chuuuuuuuuuuut !”

Bref, matez le chez-vous (quand il sera sorti en DVD, n’allez pas enfreindre la loi bande de petits chenapans), mais à mon avis pas au ciné, quoi. Et dites moi ce que vous en avez pensé, je suis curieuse (autre effet pervers du film “a fort potentiel” : on veut toujours savoir ce que les autres en pensent. Alors que par exemple, je me cogne de votre avis sur Trésor, de Claude Berri).