December 1, 2010

So what

J’avais le moral en berne, hier soir, alors que je prenais le RER C direction Austerlitz.

Je sortais de mon dernier oral, la fin de la fin de la fin de mon concours, ce qui avouons-le, était une plutôt bonne nouvelle. Mais je m’étais confortablement mouflée, réduisant à quasi néant mes chances du succès “in fine”, d’où une humeur aléatoire.
Après avoir chouiné dans les règles au téléphone avec la terre entière, je me rendais donc le coeur gros pleurer dans les jupons de ma mère et me faire plaindre copieusement par toute ma famille compatissante.

Heureusement, le meilleur amoureux du monde, sensible à ma détresse (et à mes sms suicidaires), avait fait un crochet surprise en rentrant du travail, et m’attendait à la gare, un sac de magazine merdiques, des chips et mon billet de train en main.
Soyons clairs, je ne supporterais aucun évènement tragique sans un mec doté du pouvoir de déceler le moment où il devient impératif et urgent de m’acheter Oops.

Portée par tout cet amour, j’ai donc pris place à bord du train Corail Intercité n°8627 à destination de Tours (qui déssert les gares des Aubrais, Meung-sur-Loire, Beaugency, Mer, Blois, Onzain, Amboise, Saint-Pierre des Corps et Tours, son terminus.)*


Pendant l’heure et demi du trajet, j’y ai appris que Daniel Craig avait pécho Rachel Weisz, ce que je cautionne au plus haut point.
Mais aussi qu’Amélie de Secret Story avait de nouveaux seins (rien à carrer), que Britney donnait plein de glaces à Sean Preston, que Linsay Lohan faisait un procès à la prod de Glee (pour l’épisode où Gwyneth leur fait répéter “Linday est une folle qui passe sa vie en rehab”) et aussi que Laetitia Hallyday considère s’être construite grâce à l’infidélité de son mari (prends ça, Eva Longoria)**.

Ca m’a un peu redonné le sourire, tout ça (surtout la partie Daniel / Rachel).

Avec 40 minutes de retard du aux intempéries, ou à la perte de la loco, je sais plus trop***, je suis arrivée au fief familial, ou plutôt, au goulag familal.

Honnêtement, la campagne de Russie, c’est quedalle à côté du Loiret en ce moment.
Il fait -10°C et il y a 30 cm de neige, y compris sur les routes (et comme disent les petits vieux d’ici “et ça continue à tomber !!!!!”)

J’ai même vu aujourd’hui une pub expliquant qu’il fallait vérifier sous les capots des voitures avant de démarrer, car il fait tellement froid que les chats errants se cachent près des moteurs pour avoir un peu de chaleur (et nombre de matous finiraient ainsi broyés, sombre histoire).

Enfin tout ça pour dire que dès l’instant où, emmitouflée dans un gilet en tricot irlandais tricoté par ma grand-mère en 1979, j’ai posé mes pieds dans la poudreuse, j’ai un peu tout oublié. Le concours, les trucs chiants, Paris et sa fausse neige de branlitos, et tout le reste.

C’est fou comme à partir du moment où ta maman te dit “je t’ai fait des quenelles, avec du gruyère comme tu aimes”, bah t’en en a plus rien à foutre d’être avocat, chanteuse lyrique, chimiste ou contrôleur de gestion.

Aujourd’hui, j’ai donné un sens à ma vie et j’ai trouvé ma vocation: Je veux être faiseuse de bonhommes de neige.****

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* Normalement, il y a aussi un arrêt à Orléans, mais vu que la gare est en cul de sac, ça prend minimum 10 min, le temps de mettre un nouvelle loco. Du coup sur la plupart des liaisons intercité, cet arrêt tend à disparaître. Sois heureux de l’apprendre, lecteur.

** Laetitia est une femme formidable, le même jour, elle allait chez Office Dépôt sans soutif (mais avec un pull), et en legging (mais sans jupe)

*** Je n’ai pas inventé cette excuse, j’ai déjà un eu train qui avait soit disant perdu sa loco en gare (laquelle loco a bien mis 1h30 à revenir)

**** J’hésite à cumuler avec un mi-temps de buveuse de chocolat chaud