Ca existe, étudiante, comme métier ?
Pusique j’ai pas les moyens de me payer un psy, j’ai décidé de vous imposer mon auto-analyse à partir d’aujourd’hui. Je commence par mon principal souci du moment : JE SUIS BONNE A RIEN.
(Teaser de folie !!!!)
Mon problème, c’est que j’ai fait enormément d’études, et une fois que je les ai terminées, j’ai travaillé, puis j’en ai recommencé de nouvelles parce que je m’ennuyais dans mon travail.
Aujourd’hui je me demande si j’ai fait toutes ces études par réel goût de ce qui m’attendait ensuite, ou simplement parce que j’amais ça. Car ne nous voilons pas la face : j’adore étudier.
Et, chance ultime, c’est une activité pour laquelle je ne suis franchement pas mauvaise. Donc tant que je peux, j’étudie, ça marche, je suis fière de moi, je remonte mes manches et je vais vers le prochain challenge, tout auréolée de mes certitudes et de mon absence de remise en question.
Car s’il y a bien un truc qui fait que je me repose totalement sur mes lauriers, c’est justement les études. C’est comme si je m’asseyais dans un coin de mon existence, et que je regardais le monde tourner en suivant mon chemin, linéaire, sans vraiment d’embûche, et surtout, sans beaucoup d’embranchements.
J’étudie par facilité. J’étudie parce que je sais que ça va fonctionner, puisqu’il en a souvent été ainsi. Et quand je vois poindre la fin d’un cycle, que je commence à travailler dans un domaine que j’ai longtemps théorisé et disserté, je ne me reconais plus. Je m’ennuie, je ne trouve pas ma place dans le monde qui m’entoure, suis assez vite dégoutée et je deviens désinteressée et flemmarde.
Alors je recommence à étudier.
Il y a des années, j’ai passé un test psychologique à la con dans un cabinet de recrutement, pour un poste qui par ailleurs ne me tentait vraiment pas (mais faut bien manger ma bonne dame).
C’était un test que je qualifierais de totalement bullshitesque, puisqu’il s’agissait de raconter une histoire à partir de la photo d’un violon, ou d’expliquer pourquoi un enfant était malheureux sur un petit desssin moche.
J’ai moyennement pris le truc au sérieux et j’ai raconté une histoire horrible de grand père mort, d’héritage, de violon transmis de génération en génération et je ne sais quel autre lieu commun (je ne voulais pas VRAIMENT ce poste). Pour le gosse triste, je ne sais plus quelle stupidité lyrique je suis allée inventer, mais j’ai dépassé les cases et j’ai continué à romancer mes conneries au verso de la feuille.
Une semaine après, le mec très serieux du cabinet de recrutement m’a rappelée pour me dire qu’ils avaient donné le poste à quelqu’un de plus expérimenté, et m’a proposé de me faire un debief des resutats de mon test psycho.
J’aurais du refuser, car ce qu’il m’a dit m’a causé moult moqueries dans mon entourage proche, et c’est encore le cas aujourd’hui.
Mais j’ai dit oui, et j’ai donc appris que j’avais “une très belle intelligence abstraite” mais que je devais “développer mon intelligence concrète”. Il a ajouté “vous aimez les concepts, mais moins les choses pratiques” (comprendre : “t’es bien mignonne avec ton violon et tous tes diplomes, mais c’est pas la vraie vie, cocotte”). Voilà voila.
J’ai choisi de faire du droit parce que ça avait l’air sympa. J’ai profondément aimé ça à la fac, quand c’était vraiment théorique, qu’il fallait réfléchir à des concepts, théoriser. Je déteste le droit dans le monde du travail Je trouve ça profondément ennuyeux, et j’ai peur d’être vraiment très mauvaise parce que vraiment peu interessée. Dans 8 mois j’ai fini mon école et je suis avocate. Hier je regardais sur le site du CNAM ce que je pouvais bien commencer comme nouvelle formation en cours du soirs. Je suis irrécupérable.
3 months ago - read more...

