Comprendre les feux de l’amour #1 : Le SORA

Les jours où je travaille à la maison sont des jours de solitude immense, où je ne parle a personne, ou je boulotte des oreos devant mon ordi, et où je laisse mon vernis s’écailler sans honte.
Heureusement, pour ne pas sombrer dans une déprime profonde ces jours là, j’ai mis au point une tactique imparable : faire systématiquement ma pause dej devant les feux de l’amour.
Pour que vous compreniez bien l’ampleur de ma fascination pour ce feuilleton, il faut que vous sachiez que j’ai depuis ma plus tendre enfance comme projet secret de réaliser un jour l’arbre généalogique complet et exhaustif des familles Chancelor-Newman-Abbot-Carlton-Romalotti-et-j’en-passe. Un schéma qui ferait figurer absolument toutes les connexions entre les différents personnages, un who’s who de Genoa City, mais avec tout le passif. Ce serait un genre de truc de référence, le fruit d’une étude minutieuse et approfondie, de sorte que je pourrais répondre sans hésiter à des questions du style “qui fût le second époux de Nikki” ou “qui est le premier père de Victoria”.
(Il faut aussi que vous sachiez que j’avais le même genre de projet pour la mythologie grecque. Je me suis lancée dans l’entreprise quand j’avais 13 ou 14 ans, mais j’ai arrêté quand j’ai réalisé que je n’aurai jamais de papier assez grand pour faire figurer tout le monde, et que j’en ai eu marre de scotcher des feuilles).
Anyway, je disgresse, mais simplement pour bien vous faire comprendre que je nourris à l’égard des productions de W.J. Bell une sorte de répulsion / attraction très puissant (ce qui correspond EXACTEMENT au sens réel du mot “fascination”).
J’ai donc décidé de me lancer dans une série explicative afin de vous permettre d’appréhender cette science obscure, et vous familiariser avec ses subtilités.
Et je commence la leçon par un point qu’il vous faut absolument maîtriser afin de ne pas vous perdre en supputations et incohérences : le SORA.
En effet, si vous vous lancez dans cet art subtil qu’est le visionnage des feux de l’amour, vous constaterez tout comme moi que la timeline des personnages est en dehors de toute logique.
Personnellement, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est ce coup de fil de Sharon à son fils Noah (qu’elle a eu avec Nicholas Newman, mais là n’est pas la question).
Lors de cet échange, Noah (qu’on ne voit pas) informe sa mère qu’il sort avec des potes, et qu’il ne rentrera pas dormir. Bon.
Sauf que je me souviens très bien avoir regardé la série il y a quelques mois, et Noah avait alors environ 4 ans. Et je ne crois pas qu’a Genoa City, on laisse des enfants de 4 ans aller en boite.
(Il est à noter que parallèlement à Noah qui a pris environ 12 ans en six mois, Collen Carlton, par exemple, est passé de 18 ans à …. 18 ans sur la même période)
En conclusions, le petit Noah a bénéficié d’une croissance fulgurante, alors même que la plupart des autres persos sont restés à leur âge habituel.
J’ai également pu constater que ce phénomène avait touché la petite Abby Carlton de la même manière : un jour elle a 3 ans, et un an après, bim, elle est au lycée, et en pleine intrigue amoureuse.
J’ai donc étudié le phénomène pour comprendre, et j’ai appris qu’il s’agissait d’une pratique scénaristique extrêmement en vogue dans les “daytime soap operas”. Et que ce phénomène a même un nom : le SORA (Soap Opera Rapid Aging syndrome).
En gros le SORA permet à des séries qui existent depuis 1000 ans d’introduire des personnages jeunes mais interessants (comprendre : qui ont une vie amoureuse) sans qu’on se demande d’où ils sortent, et ce pour rafraichir un peu le casting.
En effet, les enfants initialement castés restent des enfants pendant des années, c’est même le principe de l’enfance, finalement.
Si au départ, leurs personnages sont mignons tout pleins, rapidement, les scénaristes ne savent pas trop quoi leur faire faire, parce qu’honnêtement, Genoa City pour un môme c’est quand même grave la plaie.
C’est pourquoi la prod fait généralement disparaître leur personnage quelque temps vers l’age de 4-5 ans, pour le faire réapparaître peu après, adolescent et avec un nouvel acteur.
En gros, on peut donc retenir le schéma suivant pour un personnage des Feux de l’amour :
- naissance (tout le monde est aux anges, la ménagère verse une larme devant sa télé)
- le personnage est un bébé -> environ un an ou deux (tout le monde le trouve toujours mignon, même si au moins 4 acteurs bébés se succèdent pour l’interpréter)
- enfance -> environ 3 ou 4 ans (l’enfant est toujours mignon, et en plus maintenant il parle, il aime très fort son papa et sa maman)
- disparition du personnage (qui est évoqué dans les discussions mais n’apparaît plus) -> 6 mois à 2 ans
SORA
- Changement d’acteur et réapparition du personnage adolescent -> 2 à 5 ans (lycée, premières amours, premiers chagrins)
- Nouveau changement d’acteur, personnage adulte, mariage, divorce, remariage, redivorce, etc -> 1 à 30 ans (cf Victor Newman)
Voilà, vous avez appris un nouveau mot et êtes maintenant parés à faire face aux des abérrations temporelles mutliples de la série. Notamment, vous comprenez pourquoi tous les enfants deviennent adultes alors que Katherine Chancelor n’est toujours pas morte.
Ne me remerciez pas.
La prochaine fois si j’ai le courage, je vous parlerai mode et déco dans les Feux de l’amour.
En attendant, je vous laisse avec la meilleure scène de tous les temps, dites m’en des nouvelles.
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