Explication de texte
La femme de l’an 2010 est une battante. Trentenaire célibataire, elle paye très cher la libération sexuelle et l’émancipation féminisme durement aquise par ses mère et grand-mère.
Carriériste, elle exerce un métier éprouvant pour lequel elle doit porter un tailleur strict et des chaussures à fort potentiel sexuel, le tout afin d’enchaîner des réunions et des diners sans fin. Et bien sûr, comme elle reste feminine avant toute chose, la femme de l’an 2010 ne rate pas une occasion pour refaire son chignon et se remaquiller dans l’ascenseur, afin d’être parfaite en toutes circonstances.
Son travail la comble, d’ailleurs, elle n’a que ça dans la vie. Pas de vie sociale, pas d’amis, pas de mec. Non, la femme de l’an 2010 n’a pas le temps pour ça. D’ailleurs personne ne l’appelle jamais, et si son téléphone sonne c’est forcement une erreur hein, la femme de l’an 2010 est SEULE. Elle a voulu son indépendance, elle la paye au prix fort. Et puis de toute façon, la femme de l’an 2010 est une “femme accomplie qui n’a pas besoin d’un mari”.
La femme de l’an 2010 travaille dur pour gagner toujours moins que les hommes, mais elle est contente parce que c’est ce qu’elle a voulu, et ce pour quoi elle s’est battue, merde.
Elle rentre chez elle épuisée le soir, tombe les escarpins et s’écroule en se shootant aux medocs pour tenir le coup.
Ce n’est qu’a l’arrivée des premiers cheveux blancs que la femme de l’an 2010 commence à avoir des doutes et des regrets, et qu’elle se dit que merde, si elle avait su que c’était ça l’égalité des sexes, elle aurait pas brulé son soutif et elle serait restée cuisiner du navarin d’agneau à son mari.
Et comme elle est seule et sans amis, notre executive woman sentant le déclin de ses ovaires amorcé n’a d’autre choix que de rappeler son ex, celui de sa jeunesse, celui d’avant qu’elle devienne ce monstre capitaliste aux dents rayant le parquet.
Alors la femme de l’an 2010 ravale sa dignité chèrement aquise, celle qui au fond la rend si seule, et va frapper à la porte de son amour perdu des années plus tôt.
Car oui, la femme de l’an 2010 veut redevenir insouciante comme avant, et oublier toute cette émancipation qui l’a rendue si aigrie.
Heureusement, l’homme l’a attendue, toutes ces années, car c’est un héro.
Heureusement, il va la sauver de cette vie.
Heureusement, la femme va pouvoir s’appuyer sur lui, pour “jeter les dossiers aux orties”, se dire qu’après tout “elle est une femme et mon dieu ce n’est pas un drame”.
Grâce a l’amour, la femme de l’an 2010 va réaliser que ces 30 années d’évolution des moeurs l’ont rangée dans un carcan de suractivité et de solitude, en a fait “un homme comme les autres.”
La femme est libérée.
La femme va pouvoir reprendre sa place et redevenir heureuse.
Long live le navarin d’agneau, et merci Michel pour cette leçon de vie.
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